Notre ancien premier ministre, Michel Rocard, connaissait-il
ses racines haut-marnaises ? Elles remontent à un certain Jean Rocard, né
au tout début du XVIIème siècle (vers 1706) et qui décède le 07/09/1681 à
Aubigny sur Badin (actuelle commune de Vaux sous Aubigny depuis 1959). Jean Rocard et Jeanne Dadant se sont mariés le
28 janvier 1676 à Aubigny sur Badin. Ils ont eu au moins un fils :
Jean Rocard qui épouse Jeanne Popelard le 29 janvier 1715 à
Aubigny sur Badin, dont :
Nicolas Rocard épouse le 29 janvier 1715 à Aubigny sur Badin
Jeanne Riandet.
puis
Rocard Nicolas (02/03/1724- ?) épouse le 11 février
1745 à Aubigny sur Badin (Commune de Vaux sous Aubigny) Anne Jandin.
En descend directement: Nicolas Rocard dit le jeune, vigneron à
Vaux-sous-Aubigny (20/01/1752- ?), s’y étant marié le 17 janvier 1785, avec
Jeanne Marie Vilmin.
Leur fils Nicolas Rocard (né le 17/11/1788 – décédé le
21/09/1824) deviendra jardinier. Il épousera le 17 juin 1812 une fille de
Prauthoy Marguerite Macon.
Ce couple a un fils prénommé Louis Nicolas Rocard (17/08/1814
- décédé le 12/03/1871 à Langres) qui sera également jardinier, profession à
laquelle il ajoute celle de pépiniériste. Il se marie le 27 janvier 1840 avec
une fille de Montsaugeon, Jeanne Martel, blanchisseuse de son état.
La lignée continue avec leur fils Adolphe Rocard (12 juin
1849 Brennes – 28/12/1891 Paris 6) qui embrassera la carrière militaire puisqu’il
sera lieutenant-colonel dans l’artillerie de marine. Il se suicidera pour laver
son honneur. Il avait épousé le 11 mai 1872 à Plassay (17) une parisienne Marie
Gaudin.
De cette union naitra Louis Rocard (23/08/1880 Plassay – 12/09/1918
La chaussée 55) qui deviendra capitaine d’artillerie et mourra au combat.
Détaché au 2ème groupe d’aviation, à la fin de la guerre 14-18, il
disparut au cours d’une mission de bombardement. Chevallier de la Légion d’Honneur.
Il avait épousé en Girondele 23 aout
1902 à Abzac une de ses cousines Jeanne Rocard (petite fille de Louis Nicolas
Rocard et de Jeanne Martel).
Le couple aura Yves Rocard (1903-1992) Physicien, c’est un
des pères de la bombe atomique française mais aussi un des inventeurs les plus
prolifiques de son époque. Grand résistant, il est professeur à la faculté des
sciences de Paris et spécialiste en radiesthésie, sujet sur lequel il écrira
plusieurs livres. De son mariage avec Renée Favre, naitra l’homme politique qui
vient de disparaître.
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Marie-Joseph-Raoul-Léon BARTHELEMY naît le 15 janvier 1867 à
Langres dans le foyer de Marie Charles Paul Barthélemy et de Marie Mélanie Bonnaire ;
le père étant capitaine au 68ème de ligne en garnison à Langres.
Très tôt Marie Joseph Raoul Léon Barthélemy décide de suivre
le chemin de son père. Il s’engage à l’âge de 19 ans et intègre l’école militaire
de Saint-Cyr dont il sort sous-lieutenant le 1er octobre 1888. Barthélémy
est de la même promotion que le général Mangin. Il est alors affecté au 69ème
régiment d’infanterie dont il sortira lieutenant pour passer au 29ème
régiment d’infanterie en 1894. L’année suivante, Barthélémy devient instructeur
à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Capitaine en 1898,il intègre l’école
supérieure de guerre en 1900. Passé à l’état-major de l’armée d’occupation de
la Tunisie, il y sera décoré de l’Ordre du Nicham Iftikar, puis rentrera en France
occuper les mêmes fonctions au sein des services de renseignement. Placé hors
cadre en 1905, Barthélémy est réintégré deux ans plus tard au 54ème
régiment d’infanterie, puis à l’état-major de l’armée de terre. Chef de
bataillon en 1908, il reçoit successivement divers commandements aux 34ème
puis 87ème d’infanterie avant de rejoindre à nouveau les services de
renseignements de l’état-major. Promu lieutenant-colonel en 1913, Barthélémy
commande le 118ème régiment d’infanterie puis la 308ème
brigade en 1915.
Le 8 juin 1916, Barthélémy est nommé général de brigade à
titre temporaire. Il devient alors commandant de la 27ème division
d'infanterie. Devenu général de brigade à titre définitif l’année suivante le
général Barthélémy rejoint le groupe d'armées du Centre comme chef d'état-major
avant de rejoindre celui des Forces Françaises en Italie. Cette même année
1917, en Italie, il est fait commandeur de l'Ordre royal des Saints Maurice et
Lazare. Revenu en France début 1918, il
rejoint le groupe d'armées de réserve toujours
comme chef d'état-major. Il reçoit alors le commandement de la 29ème
division d'infanterie avant d’être mis à la disposition du maréchal Foch en
1919, puis à celle du général Nollet en Allemagne. Barthélémy est nommé général
de division en 1923. Il prend alors
successivement les commandements de la 37ème division d’infanterie,
puis du 30ème corps d'armée. Barthélémy est mis en réserve en 1929.
Il est alors Grand Officier de la Légion d’Honneur et Croix de Guerre 14-18. Le
général Marie Joseph Barthélemy décède le 23 février 1951 à Broons (22).
Quand le département était coupé en deux par la ligne de démarcation...
1939-1945,
deux dates qui sont inscrites dans la mémoire collective comme étant celles du
conflit le plus meurtrier de l’histoire mondiale, et d’un des plus grands
génocides de l’humanité.
De par sa
position géographique, le département de la Haute-Marne, en partie zone
interdite où le retour des réfugiés ne pouvait se faire est destinée à devenir
une zone de peuplement allemand, tandis que l’autre moitié se transformait en
territoire de stationnement des troupes germaniques depuis l’armistice du 22
juin 1940. Département frontière, celui-ci n’en subit pas moins les exactions
de l’occupant ; département industriel, ses richesses prennent le chemin
de l’Allemagne ; département agricole, il pourvoit à l’approvisionnement
de ses nombreux régiments étrangers. Mais dans cet esprit rural, malgré la
privation, germe un mot : résistance. Celle-ci prendra différentes formes,
depuis le premier acte réalisé par un soldat allemand quelques heures à peine
après que l’armistice de 1940 ne soit annoncée, jusqu’à la libération totale du
territoire, en passant par le plus grand sabotage de toute la seconde guerre
mondiale perpétré par d’intrépides combattants de l’ombre, sans oublier le
sacrifice de dizaines d’individus, pour que dès septembre 1944 le mot liberté
puisse retrouver toute sa signification dans les villages reconquis un à un
grâce aux armées alliées.
Pour que
personne n’oublie cette terrible période de notre histoire, et ses différents
protagonistes, plusieurs membres du Club Mémoires 52, Marie-Claude Simonnet,
Didier Desnouvaux, et Lionel Fontaine, son président, relatent les combats de
1940, l’exode, la vie quotidienne des habitants et leurs souffrances, la mise
sous tutelle allemande et la collaboration, l’appropriation des biens des
israélites et le fonctionnement de l’économie locale, le marché noir et les
réquisitions, le STO et l’organisation Todt, la déportation des juifs, la résistance et la libération, etc. Aidés en cela par des documents publics
désormais librement consultables, d’archives privées et de récits collectés par
le Club Mémoires 52,leur travail est
agrémenté de nombreux témoignages de personnes ayant vécu cette époque. Qu’ils
s’appellent Charles de Gaulle, Maurice Géminel, Raoul Laurent, Emmanuel de
Grouchy, Hélène Descharmes, Jacques Vernier, René Viry, Philip von Boeselager, Walter
Farmer, etc., qu’ils soient Français, Allemands ou Américains, qu’ils aient été
enfants, Jocistes, requis, STO ou déportés, fusillés, combattants, partisans ou
FFI, membre des Jedburgh ou simplement habitants, tous apportèrent
involontairement leur pierre à ce qui est à ce jour le seul ouvrage couvrant
intégralement l’histoire de la seconde guerre mondiale dans ce département.
En vente 26,00 euros dans toutes les librairies du département à partir de la mi février 2015.
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Généralement, dans les cimetières, restent de vieilles
tombes plus ou moins abandonnées à la perpétuité souhaitée par les familles des
défunts quand ces derniers n’avaient pas eux-mêmes manifestés leurs désirs. Le
passant d’aujourd’hui est parfois bien loin d’imaginer l’aspect que pouvaient
avoir ces magnifiques vaisseaux de pierre échoués au milieu des sépultures contemporaines,
comme un navire sur un banc de sable attendant d’être englouti par les flots ou
démantelé par les affres du temps. Or ces sépultures sont parfois de véritables
œuvres d’art dont la majesté n’apparaît plus aux yeux du visiteur actuel.
Le cimetière communal de Langres de la Maladière conserve
ces vieilles tombes. Parmi celles-ci, la sépulture de Léontine Julienne SANTA 1837-1888.
Marie Julienne Alix SANTA naît le 1er avril 1837
à Langres dans le foyer de Pierre Charles SANTA architecte à Damblain (1803- ?)
et de Jeanne Marie Barbe CHULLIOT de PLOOSEN (1818-1839). Célibataire, elle
restera avec son père sa vie durant au 7 rue de la Tournelle. Celui-ci était
devenu veuf alors que Julienne qu’ils
appelleront aussi Léontine n’avait que deux ans. L’acte de décès de Marie
Julienne Alix Léontine SANTA, du 8 mai 1838, mentionne d’ailleurs ce quatrième
prénom. N’ayant pas d’enfant la tombe aurait pu être modeste, mais en la
regardant de plus près, celle-ci indique le nom d’un architecte, Bastien, et d’un
sculpteur chaumontais, Ragot.
Ernest Charles Emile Bastien, puisque c’est de lui dont il s’agit,
est architecte à Bourbonne-les-Bains. Alors âgé de 29 ans, il est cousin issu
de germain avec la défunte dont il est le co-déclarant du décès. Il dessine un
superbe tombeau dont la réalisation est confiée à Victor Ragot (1833-1917). En
1855 ce dernier avait repris l’atelier familial de sculpture religieuse. Il
sortait de l’école nationale des Beaux-arts de Paris et demeurait 48 rue Toupot
de Bevaux à Chaumont. Spécialiste de sculpture religieuse, il suffit pour s’en
convaincre de visiter les églises de Brainville sur Meuse, et de Nogent en
Bassigny dans laquelle maître autel et autels latéraux sont sortis des coups
répétés de sa gouge.
L’aspect actuel de la tombe laisse deviner quel fut son
aspect initial. On devine encore dans la pierre des traces d’un dessin
préparatoire dont on pourrait se demander où sont passés les parties manquantes,
si le photographe langrois Victor Petit n’avait pas immortalisé ce magnifique
tombeau pour l’éternité que peuvent avoir les rares et fragiles plaques de
verre support et témoins du temps passé.
On y voit alors que la sépulture, posée sur un socle de
pierre locale restée à l’état naturel, était entièrement peinte en blanc avec
quelques motifs et arabesques de couleur noire correspondant aux traits de
gouges seuls reliefs encore visibles de nos jours.
Pendant de nombreuses années, la sépulture de la défunte attira
ainsi le regard du visiteur qui passant dans les allées, pouvait avoir une
pensée émue pour celle qui y fut inhumée ou sa famille, et l’espace d’un instant, se mettre à
l’ombre du résineux qui abritait quelque peu la tombe mais aussi accéléra sa
décrépitude.
Tout un patrimoine méconnu git dans nos cimetières. Sachons
le découvrir !
Didier Desnouvaux
Sources: Etat Civil de Langres, photos issues de la collection privée de l'auteur
Engelhardt, forgeron et philatéliste Le 10 juin 1875 à Saint-Dizier, Guillaume Gustave Rudolphe ENGELHARDT journalier, épouse Marie Elisabeth BECKAER de Chamouilley. L'époux, de nationalité allemande est né le 5 août 1848 à Hanovre, de Jean Guillaume Engelhardt, secrétaire, et de feu Marie Catherine Willemine Kaye, sa mère décédée depuis 1852. L'épouse est quand à elle haut-marnaise puisqu'elle est née le 3 octobre 1837 à Chamouilley, de Antoine Beckaer et de Madeleine Guillaumet. Elle perdra sa nationalité française de par son mariage avec un allemand.
Cette nationalité française, Guillaume Gustave Rudolphe Engelhardt l'obtiendra quelques années plus tard par naturalisation. Le couple demeurait rue du collège. Sans enfant, et son épouse décédée, Guillaume Gustave Rudolphe Engelhardt consacre son temps libre à la philatélie. Il exécute un véritable travail d'artiste en collant sur une assiette une multitude de morceaux de timbres choisis avec minutie pour réaliser cette composition patriotique qui montre son attachement à la république française.
Ce travail d'artiste a probablement été présenté à l'exposition universelle de 1900. Engelhardt décèdera à Saint-Dizier le 14 janvier 1906.
Sources: Archives de Haute-Marne Etat civil de Saint-Dizier
Un haut marnais qui a du souffle Félix Conrad est né le 76 avril 7892 à Chamarandes (52), de Pierre Conrad et de Marie-Anne Wurtz. Le 12 septembre 1911, il souscrit un engagement d'une durée de trois ans comme trompette au 26' régiment de dragons de Dijon (21). Après l'armistice de 1918, Félix Conrad reste dans l'armée et participe à de nombreux concours hippiques et de fanfares. Le jour de la signature du traité de paix, le 28 juin 1919, Félix Conrad occupe alors les fonctions de trompette-major dans le 26' régiment de dragons est de service dans la cour du Château de Versailles. Ayant refusé la proposition d'avancement au grade d'adjudant dans l'aviation, Félix Conrad décide de poursuivre sa carrière militaire dans la fanfare du régiment de cavalerie de la légion de la Garde républicaine de Paris.
Il a laissé un récit sur la grande guerre conservé au SHD.
Sources: 14-18 le magazine de la grande guerre n°19.
Le 21 mai 1852, la liste des transportés en Algérie comprend les individus suivants:
Neef Auguste, berger, 26 ans, sans fortune, célibataire né à Neufchateau (88),
Oudot Louis, tonnelier, 22 ans, sans fortune, célibataire, né à Lafauche,
Tous deux protagonistes de la société secrète du canton de Saint Blin avec Paul Vorin.
Ainsi que
Rollet Pierre Joseph, journalier sans fortune, âgé de 43 ans, marié un enfant dont nous avons raconté la destinée dans l'ouvrage Keskidees émigrés bassignots et comtois aux Etats Unis de 1830 à 1870 puisqu'une fois libéré il émigrera outre-atlantique. Nous y avons exposé quelques raisons politiques qui conduisaient les sympathisants socialistes à partir. En voici un autre exemple.
Les dossiers conservés aux archives départementales nous permettent de connaître les raisons qui ont valu à quelques personnes du canton de Saint-Blin de se faire expulser du territoire national.
"Paul Voirin, Oudot, Neef, Monsel, Sibillote, Vouillaume, Morel, Bourlier, Thiebault père, Thiebaut fils, Bourlier J.B.inculpés de formation et d'affiliation à une société secrète, organisée dans le canton de Saint-Blin.
Faits: dans la première quinzaine de février 1851, une société secrète, fut organisée dans le canton de St Blin, par les soins du sieur Paul Voirin et Neef Auguste. Un dimanche, de cette première quinzaine, une première réunions eut lieu, dans une maison isolée, appelée le moulin à vent de Semilly. Cette réunion avait été provoquée par Voirin Paul. Le but de la société était d'organiser une propagande démagogique par le moyen des livres et écrits périodiques, de lutter contre le gouverrnement et de travailler au triomphe des rouges (souligné dans le document). Ce but et les moyens à employer, furent exposés par Voirin Paul et Neef Auguste. Il faut ensuite recommandé à chacun d'amener le plus d'adhérents qu'il pourrait et de garder le plus grand secret. Quelque temps après cette réunion, un projet de règlement et d'organisation, écrit, fut présenté par Neef, à des témoins, ayant assisté à la première réunion, pour qu'ils se signalent comme membres de la société, ce qu'ils refuseraient. Ces faits sont rapportés, d'une manière irrécusable, par différents témoins, dont la déposition doit être d'autant moins suspectée, quils ont fait partie de cette société naissante.
Voirin Paul, 29 ans, demeurnat à Prez sous Lafauche (Hte-Marne). Il a les plus mauvaises tendances et de l'influence dans le canton. Il a été le promoteur et l'organisateur de la société dont nous venons de parler. Craignant les suites de sa conduite, il a pris la fuite et le mandat d'amener n'a pu être exécuté.
La commission décide, le sieur Voirin Paul, sera expulsé du territoire français.
Oudot scieur de long, 22 ans. A fait partie de la société secrète du canton de St Blin.
Antécédants. Fils d'un forçat libéré: capable des plus grands excès Soupçonné de plusieurs vols, ayant mission de raccoler des affidés à la société secrète. Les renseignements les plus précis s'accordent à le faire considérer comme un homme des plus dangereux. Il a pris la fuite, mais arrêté à Meaux, en état de vagabondage, il est à la disposition de la commission.
La commission décide. Oudot de Lafauche sera transporté en Algérie, classe plus.
Neef Auguste, 26 ans, né à Neufchateau (Vosges) demeurant à Semilly (Haute-Marne) il a été avec Voirin Paul, l'un des organisateurs de la société secrète du canton de St Blin et a fait des recrues pour cette société. C'est lui qui présenta à un témoin, et pour le liguer, un projet écrit de société et d'organisation propagandiste. Neef fut éxpulsé comme étranger; mais le gouvernement bavarois ayant refusé de l'admettre sur son territorie, Neef, détenu à Strasbourg, est à la disposition de la commission.
La commission décide le sieur Neef Auguste, sera transporté en Algérie, classe plus.
Bourlier Alexandre, de semilly, 34 ans, charron mécanicien,
Monsel Adrie, de Semilly, cultivateur,
Sibillote Claude Simon, maçon 37 ans,
Vouillaume Augustin, maçon 22 ans,
Morel Nicolas, maçon, 23 ans,
Thiebaut père, Louis,
Thiebaut fils, Jean Baptiste,
Bourlier Jean Baptiste, de Prez sous Lafauche, ciselier 35 ans,
Tous les huit prévenus d'avoir fait partie d'une réunion non publique et dont le but était politique et d'avoir fait partie d'une société secrète. Ce sont pour la plus part des jeunes gens, sans importance, et sans influence aucune, qui ont été conduits à cette réunion par les meneurs. Ce sont eux qui ont donné à la justice tous les renseignements qu'elle a eu sur cette affaire.
La commission décide les huit prévenus ci dessus dénommés seront mis en liberté."
La justice décide de faire arrêter Paul Voirin et de l'extrader. Le rapport de gendarmerie du 18 mars 1852 raconte, document à l'appui le départ de Paul Voirin pour les Etats Unis.
"Vu l'arrêté de Monsieur le Préfet de la haute Marne en date du quatorze courant faisant connaître à l'art. Premier que le sieur Voirin Paul de Prez sous Ladauche sera expulsé de France à toujours.
Cet arrêté a nous transmis par nos chefs pour être notifié, je me suis alors rendu à la ferme de Sylvamesnil ou habite la famille Vorin. Là j'ai trouvé le sieur Voirin père, auquel j'ai demandé où était son fils Paul, pour lui notifier un arrêté de monsieur le préfet d'après la commission du gouvernement du neuf de ce mois qui statue sur le sort des individus inculpés de délits politiques. Il n'a répondu que son fils qui faisait l'objet de ma démarche devait être dans ce moment en amérique près d'un de ses frères qu'il avait reçu une lettre de lui datée du Havre le trois du courant qui annonce que dans une heure il sera embarqué, et il m'a remis cette lettre pour justifier ses dires..."
"Dans une heure je serai embarqué, je n'ai que le temps de vous le dire. Je prie papa de me justifier, si par hasard notre infâme délateur de profession était parvenu à souiller des recherches de la police, notre demeure.
J'ai déjà vu la mer.
Je suis plein de confiance en Dieu et je vous embrasse tous.
Paul Voirin
Havre 3 février 1852"
Nous n'avons pas retrouvé la trace de Paul Voirin aux Etats Unis, si tant est qu'il y soit arrivé vivant. Sa famille ne semble pas avoir eu d'autres nouvelles que cette dernière lettre. La loi du 30 janvier 1881 a accordé une pension aux victimes du coup d'état de 1851, une preuve de plus que toutes les idées politiques sont respectables et finissent par connaître leur heure de gloire. Le père de Paul Voirin ayant été démis de ses fonctions, à ce moment là, en a été un des bénéficiaires, tout comme ses deux autres fils victimes de leurs idées socialistes. Si Paul Voirin était resté en France, nul doute qu'il aurait été réhabilité et aurait perçu cette pension.
Sources:Archvies départementales de Haute-Marne 61M32; 91M1
Sur le blog consacré à l'histoire du département, nous avons fait l'étude des passeports à destination de l'Algérie. Comme indiqué dans la conclusion, ceux ci sont incomplets. Voici quelques haut-marnais retrouvés outre-méditerranée:
* Jean-Baptiste MARTINOTY, qui naît le 05/03/1825 à Poinson-les-Fayl fils de Simon Martinoty (cultivateur à Poinson-les-Fayl) et de Magdeleine Ruotte (tous deux décédés après 1864. Jean Baptiste épouse le 24/09/1864 à Aïn Sultan Rose ROBERT. née le 06/01/1829 à Rombrot, Il exerce la profession de cultivateur au moment de son mariage, puis il sera garde champêtre à Aïn Sultan.
* Charles Victor AGERON, naît le 20/06/1843 à Anrosey et meurt le 28/01/1904. Bône, employé (en 1869), chauffeur, mécanicien, il demeurait rue de l'Artillerie à Bône avec sa femme Françoise KUNTZ épousée le 21/08/1869 à Bône.
* Claude Ageron né le 14/08/1830 à Anrosey est décédé le 15/07/1892 à Bône à l'âge de 61 ans. Il y était cantonnier en 1863, journalier (1873), puis est devenu liégeur (1875) à Bugeaud, et enfin manouvrier à Aïn-Mokra, arrondissement de Bône en1888. C’était le frère du précédent donc tous deux fils de Charles François Ageron (1802-1867) et de Marie Chappuy (1805-1854), leurs parents décédés en Haute-Marne.
Martinoty et Ageron ne sont pas des patronymes enregistrés dans les registres de passeports et Poinson les Fayl n’a pas été recensé comme lieu d’origine de migrants haut-marnais. Une fois de plus il est constaté que le sud haut-marnais fournit des migrants. Les raisons à cette émigration sont les mêmes que celles que nous avons relatées dans notre livre: Keskidees, émigrés bassignots et comtois aux Etats-Unis de 1830 à 1870; seule la destination diffère.
En avez vous trouvé d'autres, qui ne soient pas militaires?
En novembre 2011 j'ai raconté comment Nicolas Paris qui se prenait pour le futur empereur de l'Empire Céleste fut arrêté dans sa conquête du pays et mis sur un navire en partance pour Chaumont (voir sur ce site). De retour dans la cité préfecture, sa notoriété dépassa alors largement celle de la rue Laloy. Toute la bonne société chaumontaise connaîtra celui qui se faisait appeler l'Empereur de Chine puisqu'il mourra dans sa ville natale en janvier 1916. Suite à son retour il continua à vivre dans sa maison rue Laloy tout d'abord avec sa mère puis en indivision avec sa sœur. Il exerçait la modeste profession de chiffonnier. Mais l'Empereur ne daignait pas payer sa contribution foncière. Comment osait-on lui réclamer un quelconque impôt pour un modeste palais que la gendarmerie ne protégeait même pas puisqu'il se passait rarement un mois sans qu'il doive faire une déposition pour vol, étant sans cesse pillé! Citons pèle mêle: l'annuaire général de l'épicerie, un itinéraire du nord-est de la France, des cartes, des moulins à café, des chiffons, des boites en fer blanc… Arrêtons là cet inventaire à la Prévert fruit d'un esprit tourmenté. L'administration fiscale, voulant recouvrir l'impôt foncier, ne l'entendit pas ainsi puisqu'elle finit par saisir ses biens, et l'expulsa pour mettre en vente la maison. Que dis je? Le palais impérial. Et comme la vente rapporta plus que la dette, l'administration, dans sa haute bienveillance, voulu donner le reliquat à Nicolas Paris qui le refusa tout net. Comment, lui l'Empereur de Chine pouvait-il accepter l'argent de la spoliation et se laisser ainsi corrompre par des gens bien peu reconnaissants eu égard à sa haute fonction ! L'argent resta en dépôt à la Caisse des Consignations jusqu'à sa mort. Nicolas Paris chercha autour de Chaumont un territoire à sa mesure, vaste, et sur lequel il pourrait entreposer le fruit de ses fouilles. Il le trouva bientôt au dessus de Brottes. Des caisses se transformèrent bientôt en trône, et le lieu en un fort de planches, de ferrailles de ronces et de détritus, d'un bon mètre de haut, destinés à protéger son royaume imaginaire. Si la cloche était son état, la mendicité l'aurait rabaissé. A tel point que lorsqu'il trouvait une piécette dans les rues chaumontaises il allait la rapporter au commissariat. Eh non, l'Empereur ne demande pas la charité ! Comme il n'acceptait pas ce qu'on lui offrait. Tout juste disait-il à son généreux donateur de mettre l'objet dans la poubelle, afin qu'il puisse juger au moment de sa tournée de ramassage s'il devait le prendre ou non. Ainsi vécut et finit Nicolas Paris, dont le patronyme avait été oublié au profit de son "titre" d'Empereur de Chine. Les légendes coururent à son sujet: il aurait travaillé à la librairie Hachette avant de faire le voyage de sa vie. Il se serait engagé dans la Légion étrangère. Il aurait été emprisonné dans le pays de l'Empire Céleste…. Rien de tout cela comme nous l'avons vu. "Un souverain instruit dans la voie du Tao renonce à conquérir le monde par la force. Car il sait qu'à l'attaque succède la riposte. Là où sont passées les armées ne restent que des ruines et ne poussent que des ronces. Les grandes guerres amènent des années de disette. C'est pourquoi l'homme éclairé se montre résolu sans tomber dans l'excès." Lao Tseu
Jean-Baptiste Fernand Danelle dit Danelle-Bernardin est né le 16 septembre 1826 à Montreuil sur Blaise au sein du foyer d'Elisabeth Adrien et de Fidéle-Constant-Joseph Danelle, originaire d'Arras. Dans sa branche maternelle, son grand-père Jean-Baptiste Adrien a fait fortune dans les affaires. Il est l'exemple de « ces hommes qui ont acheté tous les châteaux des ci-devant seigneurs ... » qui « de simples commis de forges qu'ils étaient sont devenus en moins de dix-huit mois les maîtres, les régulateurs de tous les commerces». Jean-Baptiste Fernand Danelle aura pour précepteur Victor Duruy, futur Ministre de l'Instruction Publique de 1863 à 1869, avant qu'il ne suive des études secondaires à Paris qui seront sanctionnées par une licence en Droit. Il rejoindra alors le monde des affaires en dirigeant les installations du Buisson à Louvemont. En1861 il constitue avec ses frères, Alfred Nicolas Albert Danelle et Marie-Paul Danelle une société en nom collectif pour l'exploitation en commun des forges du Buisson et du Chatellier, sous le nom de Danelle frères. Mais l’association ne dure pas et la société est dissoute en 1868.
Le 9 mai 1853 il épouse Alexandrine Charlotte Rosalie Bernardin.
Danelle Bernardin sera élu Maire de Louvemont, en 1859, à l'âge de 29 ans, il deviendra conseiller d'arrondissement en 1855 puis conseiller général de Wassy, en 1871, et ce jusqu'en 1889, avant de devenir membre de l'Assemblée Nationale, en 1876. Sa candidature fut, paraît-il, encouragée par Gambetta dont il avait l'amitié. Inscrit dans le camp des Radicaux il défendit avec vigueur la troisième république qu’il avait votée. Fidèle à la gauche, Jean Baptiste Danelle Bernardin était favorable à l’instauration de « l'impôt proportionnel sur le revenu, la protection de l'agriculture et de l'industrie française», rappelant ainsi les grands thèmes de la doctrine radicale, s'opposant ainsi à ses adversaires du département : du Breuil de Saint Germain, Leroy-Beaulieu et Bourlon de Rouvre.
En 1887, il choisit de briguer un fauteuil au Sénat, en remplacement du banquier failli Donnot qui avait du démissionner (voir l'article qui lui est consacré sur ce blog). Il y réussit en étant élu au premier tour de scrutin avec 422 voix. Il est réélu en janvier 1888 avec 511 voix, améliorant au passage son score. Réélu, en janvier 1906,« Cette élection fut à la fois un succès électoral, d'estime, de confiance, de sympathie et de reconnaissance, pour les innombrables services rendus, et la récompense de l'attitude indépendante dont il avait fait preuve en votant contre la loi de séparation des églises et de l'Etat. » (Petit Champenois du 25 février 1916 Notice nécrologique)
La presse annonce son décès le 21 février 1916. Il était Chevalier de la Légion d 'Honneur et l’importance du cortège qui assista à ses obsèques fut ainsi la reconnaissance bien méritée de son action qui fait désormais partie de l’histoire politique de notre département.
Tout généalogiste haut-marnais qui se respecte cherche à connaître la vie de ses aïeux. Et ce n’est pas chose facile. C’est encore plus difficile de connaître les circonstances de leur mort. Or des sources d’archives auxquelles nous pensons peu peuvent apporter des réponses. Il s’agit du 71M1 qui enregistre les crimes et délits de la période 1854-1860. Certes tous nos aïeux n’ont pas été assassinés, et heureusement. Mais cette cote recense aussi les morts accidentelles et les suicides qui y sont assimilés. Ainsi pendant le deuxième semestre 1860 sont décédés de manière accidentelle :
Le 03/08 BARROIS Jacques 58 ans, de Charmes la Grande, par strangulation accidentelle (suicide) Le 06/08 DUFRAISSE Léonard maçon à Poinson les Fayl meurt accidentellement dans des circonstances qui ne sont pas indiquées. Le 18/08 URBAIN Charles Henry, 8 ans à Auberive. Il est tué par la chute d’une pierre de la caserne de gendarmerie d’Auberive. Comme quoi tous les bâtiments publics n’étaient pas toujours bien entretenus. Le 06/09 LESPRIT Emile 16 ans, d’Arbot, meurt écrasé dans une carrière de sable. Un accident de travail malheureusement fréquent à toutes les époques. Le 07/09 MIELLE, 43 ans, tailleur d’habits de Chalancey meurt accidentellement par suite de congestion. Un comble, si les cordonniers sont les plus mal chaussés, les tailleurs d’habits ne sont parfois pas assez vêtus ! Le 12/09 GILBERT Sylvain, 32 ans, de Villegusien meurt écrasé sous sa voiture. Si cela ressemble à un accident, c’est parfois aussi une forme de suicide que de se jeter sous les roues d’un chariot. Le 14/09 ROBERT Claude, 50 ans, est tombé dans une mare de 2 mètres de profondeur à Droyes. Il s’y est noyé. Le 27/09 REMY Jules 18 mois de Puellemontier s’est noyé en voulant ramasser une pomme qui était tombée sur le bord de la rivière de Voivres. Comme quoi il n’y a pas qu’aujourd’hui que les parents laissent négligemment leurs enfants seuls…. Le 30/09 LEGRAND Amédée 9 ans de Nully, trouvé noyé dans une mare d’eau Le 06/10 GAUDET Emile, 16 ans, d’Esnoms, est tué par un coup de fusil à la chasse. Le 07/10 MORISOT Jules 15 ans, de Sexfontaines, est écrasé sous la voiture qu’il conduisait Le 17/10 PAINTENDRE Marie, fille de 3 ans et demie d’Harréville les Chanteurs, a été broyée dans les engrenages d’un moulin. 29/10 MENAGE Henry, 2 ans, s’est noyé dans un lavoir à mine à Poissons, où il était tombé accidentellement. 01/11 PARISOT Pierre de Frampas meurt des suites d’une chute à 50 ans. 07/11 COUTAUT Jean Baptiste 60 ans se suicide par submersion à Rochefort sur la Côte. 02/12 GERARD François, 34 ans, meurt des suites d’une chute à Attancourt. 06/12 JOLIVET Marguerite, femme HAUTEPLAIN, se suicide par strangulation à Charmoy, à cause de « chagrins de famille ». 11/12 LEGOUX Louise, 39 ans, se suicide par empoisonnement à Chaumont. Elle était accusée de vol.
Il reste toujours possible qu'un homicide ait été maquillé en suicide ou en accident, mais c'est une autre histoire.
Le 4 avril 1877 paraît dans le Shanghaï Courier un article libellé en langue anglaise et pour le moins mystérieux. On y apprend qu'un nommé Paris, envoyé du ciel, est arrivé pour instaurer la paix dans le monde. Paris s'annonce comme étant le futur Empereur de Chine.
N'ayant probablement pas été prix au sérieux, un nouvel article est publié dans le même journal. Il est en français cette fois, et est daté du 26 septembre 1877. Paris annonce la conquête de la Chine et le renversement de la dynastie régnante. Rien que ça! Et pour couronner le tout, il donne le détail de l'itinéraire qu'il va suivre à partir du lendemain 27 septembre.
Si nous devons considérer qu'il a scrupuleusement respecté celui ci, il se trouve à Pow-Ting le 7 novembre 1877. C'est la veille de son arrestation. Et il était temps puisque son entrée dans Pékin était annoncée pour le 12 du même mois. Nicolas Paris, puisque telle est son identité, était porteur d'une proclamation dans laquelle il venait renverser la dynastie régnante.
Nous pourrions dire dans le language actuel: "même pas peur!" Si c'est ce que pensent les chinois, cela ne semble pas être l'avis de tout le monde.
Qui l'arrêta le 8 novembre? Probablement les autorités du consulat français. Toujours est-il que les affaires ne traînent pas. En effet, le 9 novembre, Nicolas Paris est mis contre son gré à bord du navire l'Amasone qui appareille le même jour à destination de Marseille. Le consul de France jugeant qu'il pouvait attirer des ennuis à notre pays, mais estimant par ailleurs que Paris ne devrait encourir aucune poursuite étant manifestement dérangé.
Pendant ce temps les autorités administratives mènent leur enquête et découvrent que Nicolas Paris a sa mère qui habite à Chaumont, 8 rue de la loi (Comprendre rue Laloy), et qu'elle est veuve. Au premier abord Nicolas Paris a de l'argent sur lui. Une somme de 400 Francs pour être plus précis. Les services de l'Etat décident de la lui confisquer et de transmettre le reliquat de cette somme à sa mère, une fois payés les 276F de traversée en 4ème classe, l'hébergement, et le train pour le ramener à Chaumont.
Nicolas Paris débarque à Marseille, sous bonne escorte, le 17 décembre. Le 18, le préfet des Bouches du Rhône annonce à son collègue de Haute-Marne qu'il doit remettre la somme de 60.25F à madame veuve Paris et l'inciter à surveiller son fils. Le représentant de l'état dans le département en accuse la remise à madame Paris le 28 décembre. Nicolas Paris doit alors être de retour en Haute-Marne.
Reste une question en suspens à laquelle il n'y a pas de réponse: Comment un déséquilibré à t-il pu obtenir un passeport pour quitter la France et être en possession d'une somme d'au moins 400Francs ?
Nicolas Paris naît à Chaumont le 12 novembre1849 dans le foyer de Jean Louis Paris, 40 ans, chamoiseur, et de Madeleine Thévenin, 38 ans. En 1877, sa mère est veuve depuis peu. En effet, Jean Louis Paris est décédé à Chaumont le 17 juin 1876. Il était alors âgé de 67 ans, 4 mois et 23 jours. Il faut peut être y voir dans la liquidation de la succession de son père l'origine des 400 francs que possédait Nicolas Paris lors de son arrestation. Peut être même que le décès de son père a sérieusement perturbé l'esprit de ce jeune homme qui devait être bien portant, ou suffisamment pour donner le change, au moment de la délivrance de son passeport pour l'Empire Céleste.
Sources: Archives départementales de Haute-Marne 85M8
Si les trois ingénieurs géographes haut marnais qui firent partie de l'expédition d'Egypte sont aujourd'hui connus des amateurs d'histoire locale, il n'en est pas de même de Pierre Gilles Chanlaire à tel point que même ses prénoms sont ignorés. Le seul qui lui ait consacré un article, c'est à dire Jolibois, se trompe dans ses prénoms. Il l'appelle Pierre Gabriel, d'autres Pierre Grégoire; mais c'est en réalité Pierre Gilles ainsi qu'il résulte de son acte de naissance enregistré à Wassy le 21 juin 1758. C'est le fils de Pierre Gilles Chanlaire (1728-1803), conseiller du roi, procureur des Eaux et Forêts et de Marie Thérèse Gantois (1737-1817). On ne connaît pratiquement rien de la vie de Pierre Gilles Chanlaire. Tout juste sait-on qu'il était attaché au bureau topographique du cadastre. Mais il semblerait que ce soit une vocation tardive. Il est dit écuyer, puis avocat au Parlement de Paris en 1780. La Révolution l'aurait incité à changer d'orientation et à apprendre la géographie. Nommé dans un premier temps à l'administration centrale des Eaux et Forêts (au tout début du 19e siècle), il y est chargé du cadastre, puis il devient de 1803 à 1808 directeur du cours de géométrie et du bureau topographique du Cadastre. Pierre Gilles Chanlaire décède le 8 mars 1817 Paris, à l'âge de 58 ans. Marié le 26 avril 1787 avec Angélique-Emilie Vermeil (1769-1838), celle ci lui donna deux enfants: Angélique-Claire Chanlaire (10 mai 1788 Paris - 9 septembre 1877) qui épouse Ferdinand Fossé (1780-1864) conseiller référendaire à la cour des comptes. Pierre-Gilles Chanlaire (?- 23 décembre 1870 Cannes) officier des eaux et forêts
On doit au géographe Pierre Gilles de Chanlaire de nombreuses et importantes études géographiques et statistiques parfois rédigées avec d'autres spécialistes (liste non exhaustive): - Carte géométrique des routes de postes de la république française et des pays qui l'avoisinent comprenant l'ancien et le nouveau territoire de la France divisé en départements d'après les derniers traités de paix . L. Capitaine et P. G. Chanlaire. A Paris, chez Goujon, rue du Bac . (entre 1793-1797) - l'Atlas de la partie méridionale de l'Europe, en 1801, - le Nouvel atlas de la France divisée par départements, arrondissements et cantons, en 1802, - Tableau général de la nouvelle division de la France, Paris, 1802, in-4 ; - Atlas de grandes cartes du théâtre de la guerre en Orient, de l'Égypte, du Rhin et de la Belgique, - Carte itinéraire indiquant la marche des armées françaises en Allemagne et en Italie faisant suite à la carte en 8 feuilles de L. Capitaine... début XIXème - Carte des neuf départements qui forment la nouvelle division de la Belgique comprenant la détermination de toutes les municipalités et communes de son territoire pour l'intelligence de la nouvelle carte en 65 feuilles d'après Ferraris. L. Capitaine et P.G. Chanlaire, an IV. - Carte du théâtre de la guerre en orient . Mentelle. P.G. Chanlaire. . An VII (1798-1799). - Carte d'Espagne et de Portugal en neuf feuilles par E. Mentelle, membre de l'institut national des sciences et P.G. chanlaire, l'un des auteurs de l'atlas national (début XIXème) -Carte des treize départements réunis au territoire de la république française comprenant la ci-devant Belgique et les pays conquis jusqu'à la rive gauche du Rhin... . L. Capitaine et P.G. Chanlaire, an IX - Carte de l'ancien royaume de Pologne, partagé entre la Russie, la Prusse et l'Autriche par les traités successifs de 1772, 1793 et 1795 contenant aussi le royaume de Prusse ». E. Mentelle et P. G. Chanlaire. (Fin XVIIIe s.) - Département du Mont Tonnerre divisé en 4 arrondissemens et en 38 cantons . Extrait de l'Atlas national de la France. A Paris, chez P.G. Chanlaire et la Veuve Dumez, 1806. - Département de Rhin et Moselle divisé en 3 arrondissemens et en 30 cantons . Extrait de l'Atlas national de la France. A Paris, chez P.G. Chanlaire et la Veuve Dumez, 1806 - Département de la Sarre divisé en 4 arrondissements et en 34 cantons . Extrait de l'Atlas national de la France. P.A.F. A Paris, chez P.G. Chanlaire et chez la Veuve Dumez, 1806 - Département de la Lys divisé en 4 arrondissements et en 36 cantons . Extrait de l'Atlas national de France. P. A. F A Paris, chez P.-G. Chanlaire et la veuve Dumez . 1806 - Département de Marengo divisé en 3 arrondissements et 31 cantons. P.A.F. A Paris, chez P.G. Chanlaire, rue Geoffroy Langevin, et chez la veuve Dumez, rue de la Harpe (Après 1806). - Département de la Sesia divisé en 3 arrondissemens et en 25 cantons ». P. A. F.. A Paris, chez P. G. Chanlaire, rue Geoffroy Langevin et chez la veuve Dumez, rue de la Harpe. Extrait de l'Atlas national de la France . (après 1806) - En 1808 il commença à publier les premiers numéros de la Description topographique et statistique de la France qui paraîtra dans son intégralité en 2 vol.in-4 en 1810 - l'Atlas général de la France conformément au traité de Paris(en 86 cartes), publié un an après sa mort - Atlas de la partie méridionale de l'Europe : dressé sur la méridienne de Paris et composé de 40 feuilles ... - Atlas National portatif et routier de la France, composé de cartes générales, et d'une carte particulière pour chaque département: nota. pour faciliter les recherches, tant dans le grand Atlas National (dont celui-ci offre la réduction au tiers), que dans la Carte de France publiée par Cassini, les lignes de cadre de chaque feuille de cette carte sont tracées sur chaque département (1816) - Atlas universel de géographie physique et politique, ancienne et moderne,... Edme Mentelle et PG Chanlaire - Carte chorographique de la Belgique en soixante neuf feuilles dressée d'après celle de Ferraris: augmentée et publiée par L. Capitaine 1er ingénieur et associé à la Carte générale de France en 180. feuilles: et P.G. Chanlaire aussi associé à l'entreprise de cette carte et l'un des auteurs de l'Atlas national (1792) - Carte d'Espagne et de Portugal en neuf feuilles (1807) - Carte de la Hollande divisée en neuf départemens / par E. Mentelle et P. G. Chanlaire (1799) - Carte des treize départements de la Belgique et de la rive gauche du Rhin comprenant la détermination de toutes les municipalités et Communes de ce territoire par Louis Capitaine du Chesnoy et Pierre Gilles Chanlaire 1807 - Carte des treize départements réunis à la partie septentrionale de l'empire français: comprenant la Belgique et les pays conquis à la rive gauche du Rhin: divisée en préfectures, arrondissements communaux, et justices de paix indiquant les villes, bourgs et villages de ces départements par Louis Capitaine du Chesnoy et Pierre Gilles Chanlaire 1807 - Carte du département de la Dyle. 1807 - Carte du théâtre de la guerre en Orient / publièe par E. Mentelle et P. G. Chanlaire ; le fond de cette carte est de feu J. B. Laborde ; les citoyens Mentelle et Chanlaire y ont fait les corrections et augmentations dont elle a paru susceptible (1792-1797) - Carte générale de l'Italie et de la côte orientale de la mer Adriatique: par P.G. Chanlaire, l'un des auteurs de l'Atlas national - Carte générale et politique de l'Asie. 1807 - Carte géométrique des routes de postes de la République française et des pays qui l'avoisinent : comprenant l'ancien et le nouveau territoire de la France, divisé en Départements, d'après les derniers traités de paix / par L. Capitaine ... et P. G. Chanlaire - Carte itinéraire de l'Empire français et du Royaume d'Italie / par P. G. Chanlaire, l'un des auteurs de l'Atlas national ; terminé par P. F. Tardieu - Carte physique et politique de l'Egypte / par E. Mentelle et P. G. Chanlaire - Département de la Dyle: divise en 3 arrondissemens et en 30 cantons Pierre G. Chanlaire, Edme Mentelle, 1798-1799 - Atlas universel de geographie physique et politique, ancienne et moderne. Par Chanlaire, mongez, Mentelle, André, Tardieu - Planisphère en quatre feuilles; réunies de manière a ne point diviser le grand océan ou la mer du sud. Mentelle, Chanlaire. 1808 - Atlas universel de géographie physique et politique, ancienne et moderne.; Mentelle, Chanlaire, Tardieu. 1807 En dehors de ces documents bien connus, nous avons retrouvé une
* Carte d'Europe, dressée sur la méridienne de Paris servant de tableau d'assemblage pour la réunion des feuilles publiées et à publier. Celle ci a été dessinée par Pierre Gilles de Chanlaire et elle doit servir pour l'assemblage des diverses feuilles de la Carte géométrique des Routes de Poste de la République française qui représentent les 6 grosses parties suivantes: Côtes de la Manche (France et Angleterre) - Nord de la France, Belgique, Pays-Bas - Sud-Ouest de la France - Sud-Est de la France - Nord de l'Italie - Saxe, Bavière, Bohême. Il est indiqué sur la carte que Chanlaire a dessiné les parties correspondant à l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie.
De ces belles cartes aquarellées, on peut même en déduire que Pierre Gilles Chanlaire n'a pas regardé le tracé de ce qui était devenu son département natal puisque sa bonne ville de Wassy est indiquée Vasoy.
Cette carte n'est pas datée, mais vouloir en préciser l'époque n'est pas chose aisée tellement les renseignements restent approximatifs. Ainsi Arc sur Aujon est le nom révolutionnaire d'Arc en Barrois devenu officiel en 1801. Mais à cette même époque révolutionnaire, Bourbonne les Bains s'appelait Buges les Eaux, or c'est sous le premier nom qu'est inscrite la ville thermale. Dans les Vosges Morvilliers est l'ancien nom de Liffol le Grand redevenu officiel dès la création des communes en 1790… Une seule chose est certaine, elle date d'après 1790 et d'avant 1811 période à partir de laquelle le département de la Haute Marne a porté le numéro 50. En regardant la carte de l'acttuelle Belgique on remarque que celle ci est découpée en départements eux mêmes numérotés. Cette carte date donc d'après 1795. A partir de la chute de l'Empereur la numérotation changea à nouveau. Une carte du département de la Haute-Marne dessinée par PG Chanlaire est visible en ligne sur le site des Archives Départementales de Haute-Marne.
Emigrés bassignots et comtois aux Etats Unis 1830-1870
Patience!
Encore quelques semaines et vous pourrez lire cet ouvrage dans lequel vous trouverez des tranches de vies méconnues et parfois extraordinaires. Ils sont plusieurs centaines de bassignots et de haut-saônois à avoir émigré aux Etats Unis dans l'espoir d'une vie meilleure, laissant en France famille et amis....
Un sujet totalement inédit en Haute-Marne. Une page de présentation a été créée pour vous donner un aperçu du livre: Les Keskidees
Vous trouverez le bon de souscription correspondant à cet ouvrage en cliquant sur cette phrase. Le tirage étant limité ne tardez pas avant de renvoyer votre bon de réservation.....
Les Archives départementales renferment des documents venant de dons privés. Ceux ci peuvent parfois être utiles pour prouver des filiations dans le cadre de recherches généalogiques. Quoi que, à la lecture de ceux ci on peut parfois en douter ?
Le 31 décembre 1786: déclaration de grossesse de Marie Guillaume, fille mineure de defunt François Guillaume, vivant laboureur à Semilly et de Marie Bertaux[1], d’environ cinq mois des oeuvres de Gattrez (Charles) fils de Charles Gattrez et de Marie Haimard, laboureur à Semilly.
L'affaire semble simple puisque la future mère donne le nom du père de l'enfant à naître. Une manière de l'inciter à l'épouser au plus vite.
Mais celui ci ne l'entend probablement pas ainsi puisque le 29 janvier 1787 il y a demande d'enquête par la même contre ledit Charles Gattrez. Elle "demande permission de faire informer contre lui".
L'affaire ne tarde pas à être instruite. Le 5 février 1787 il y a ouverture d'information à la requête de Marie Guillaume. Six témoins sont entendus. Peu de faits importants. On a souvent vu Charles Gattrez embrasser Marie Guillaume….
Celui ci refuse probablement toujours d'assumer ses actes en mariant la future mère puisque, le 1er mars 1787, Marie Guillaume dépose plainte contre Charles Gattrez. Celui ci est condamné à lui payer 80 livres pour les aliments et frais de gésine.
Comme l'affaire ne semble pas encore entendue, le 7 mars 1787 il est procédé à l'interrogatoire de Charles Gattrez qui nie être l’auteur de la grossesse de Marie Guillaume.
C'est ainsi que l'accusé devient accusateur puisque le 5 avril 1787 Charles Gattrez demande à faire la preuve contraire des faits allégués par Marie Guillaume et demande audition de témoin qu’il indique. Cette demande lui est accordée.
Les témoins sont auditionnés le même jour. Ils sont treize en tout dont:
- Blaise Mougé domestique de Jean Graillot admodiateur de Prez... “Il rencontra (dans les bois de Saint-Blin) dans un petit chemin laditte Marie Guillaume couchée par terre dont il vit les genoils à nu et vu un garçon son parent couché sur elle face contre face....”.
- Catherine Thenon fille de 19 ans ... "Elle a vu ladite Marie Guillaume et un garçon de Charles Rollet qui étoient ensemble dans la plus grande privauté étant l’un sur l’autre.... Elle a aussy vu laditte Guillaume dans la même attitude avec un garçon de Semilly son parent autre que ledit Gattrey ... Elle l’a envore vu avec le même dernier dans le pré de Meuchecourt aussy couchée dessous le même garçon face contre face, mais qu’elle ne sait pas pour cette dernière fois si la copulation était effectuée entre eux n’en ayant aucun doutte pour les deux premières....”
- Marguerite d’Ecot fille de 22 ans, ... “A vu laditte Marie Guillaume et un garçon de Semilly son parent autre que ledit Gattrey couchés l’un sur l’autre auprès du Meuchecourt et l’autre fois auprès du petit bois. Ils étiaent couchés auprès l’un de l’autre entourés des habits de la fille se tenant fort etroittement en présence de la mère du frère et de la soeur[2] de laditte Guillaume....”
- Louis Pinchard domestique de Pierre Monsel laboureur à Semilly ... “Vit laditte Guillaume et son parent couchés l’un sur l’autre faisant les mouvements de la copulation...” dans les bois de Saint-Blin.
La suite de cette affaire n'est pas connue, mais ces quelques témoignages montrent une fois encore qu'en généalogie l'addage "maman sure, papa peut-être" n'est en rien usurpé.
Sources: Archives départementales de Haute-Marne 1J318 extrait des archives de la justie de Lafauche.
[1] Les parents sont Guillaume François (°23/03/1719 Semilly +02/03/1780 Semilly) et Bertaux Marie (08/02/1723 Vesaignes sous Lafauche +26/05/1802 Semilly)
[2] Elle avait au moins deux frères et deux soeurs:
Guillaume Françoise (07/031747 Semilly +14/11/1811 Semilly x30/01/1776 Semilly Joseph Petit)
Guillaume Marguerite (21/02/1758 Semilly +? X25/11/1792 Semilly Barrois Etienne)
Guillaume Jean Baptiste (12/10/1763 Semilly x07 ventose II Barrois Anne)
Guillaume François Martin (x08/02/1779 Thenon Catherine)
08 floréal an III mariage de Charles Gatré cultivateur né le 20/09/1764 à Semilly avec Marie Virot née le 03/11/1769 à Semilly.